Syndic, copropriété et gestion immobilière : repères pratiques pour comprendre les …

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Travaux en copropriété : horaires et règles à respecter

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Travaux en copropriété : horaires et règles à respecter

Pour des travaux en copropriété, les horaires dépendent d’abord de l’arrêté préfectoral ou municipal sur les bruits de voisinage, puis du règlement de copropriété, qui peut les restreindre. Aucune plage nationale n’autorise le bruit : le Code de la santé publique sanctionne un vacarme excessif de jour comme de nuit, perceuse isolée ou chantier entier.

Travaux en copropriété : des horaires fixés hors de l’immeuble

La première source des règles ne se trouve ni chez le syndic ni dans les documents de l’immeuble. Le Code de la santé publique pose le principe à son article R1336-5 : aucun bruit particulier ne doit, par sa durée, sa répétition ou son intensité, porter atteinte à la tranquillité du voisinage, dans un lieu public ou privé.

Ce texte ne contient aucune heure. Le service public le rappelle sans détour : aucune plage horaire n’autorise automatiquement le bruit. Un ponçage interminable en plein après-midi reste répréhensible s’il dépasse les inconvénients ordinaires de la vie en collectivité.

Les heures viennent des autorités locales. Le préfet réglemente les bruits de voisinage à l’échelle du département, et le maire, chargé de réprimer les atteintes à la tranquillité publique, prend au besoin son propre arrêté. Résultat : les horaires de travaux changent d’un département à l’autre, parfois d’une commune à sa voisine.

Un exemple lu : l’arrêté préfectoral de l’Indre

Le site de la préfecture de l’Indre présente l’arrêté n° 2001-E-1962 du 13 juillet 2001 comme le texte qui réglemente les bruits de voisinage dans le département. Son article 8 vise le bricolage des particuliers avec des outils bruyants, perceuses, raboteuses ou scies mécaniques. Ces travaux ne s’y effectuent que :

  • les jours ouvrables de 8 h 30 à 12 h et de 14 h 30 à 19 h 30 ;
  • les samedis de 9 h à 12 h et de 15 h à 19 h ;
  • les dimanches et jours fériés de 10 h à 12 h.

Le même arrêté traite à part les chantiers de travaux publics ou privés : son article 7 y interdit les travaux bruyants les dimanches et jours fériés, ainsi que de 20 heures à 7 heures les jours ouvrables. Ces plages valent pour l’Indre seulement. Ailleurs, le texte applicable se demande en mairie ou se consulte sur le site de la préfecture.

Cage d’escalier d’immeuble ancien avec un escabeau posé sur une bâche de protection

Ce que le règlement de copropriété ajoute

Une seconde couche s’ajoute à l’arrêté. Dans chaque immeuble, le règlement de copropriété organise la jouissance des parties privatives et communes, et il peut comporter une clause sur les travaux bruyants : plages plus courtes, interdiction le dimanche, obligation de prévenir le syndic. Le service public invite à relire ce document dès qu’un logement se situe en copropriété.

La logique est cumulative. Une clause plus stricte s’impose aux copropriétaires en plus de l’arrêté, mais aucune clause ne rend licite une heure que l’arrêté interdit. Le copropriétaire retient donc, jour par jour, la plage la plus courte des deux textes.

Le règlement intérieur de l’immeuble

Certaines copropriétés ajoutent un règlement intérieur. D’après la fiche que le service public lui consacre, ce document facultatif se vote à la majorité de l’article 24 et traite surtout d’organisation : tranquillité, nuisances sonores, propreté. Il vaut entre copropriétaires, mais n’est pas directement opposable aux locataires, sauf s’il reprend des clauses du règlement de copropriété.

Le syndic est présenté par le service public comme le garant du respect du règlement de copropriété. Un manquement répété remonte donc vers lui, conformément aux missions décrites dans notre article sur le rôle du syndic au quotidien.

Travaux privatifs : copropriétaire, locataire, artisan

Le copropriétaire dans son lot

Abattre une cloison, créer des placards, redistribuer les pièces : ces travaux privatifs se mènent sans autorisation de l’assemblée, selon le service public, à condition de respecter la destination de l’immeuble et les droits des autres copropriétaires, ce qui exclut les troubles anormaux du voisinage.

Tout change dès que le projet touche les parties communes ou l’aspect extérieur : création d’une ouverture, remplacement des fenêtres, conduit en façade. L’article 25 b de la loi du 10 juillet 1965 soumet alors à la majorité des voix de tous les copropriétaires l’autorisation d’effectuer, à ses frais, des travaux affectant les parties communes ou l’aspect extérieur de l’immeuble. La demande part au syndic par lettre recommandée, dossier joint ; notre méthode pour faire inscrire une question à l’ordre du jour détaille ce calendrier.

Une autorisation obtenue ne délie de rien côté horaires : le chantier reste soumis à l’arrêté et au règlement.

Le locataire

Un locataire repeint ou change une moquette librement ; une transformation exige l’accord écrit du propriétaire. Pour le bruit, il doit respecter le règlement de copropriété et la tranquillité du voisinage, précise le service public. Le bailleur avisé remet ce règlement dès la signature, comme le suggèrent nos repères pour réussir la mise en location d’un bien.

L’artisan mandaté

Un professionnel ne suit pas forcément la grille d’un particulier. L’article R1336-10 du Code de la santé publique prévoit un régime propre aux bruits de chantiers : l’atteinte y est caractérisée par le non-respect des conditions fixées par les autorités, des précautions insuffisantes ou un comportement anormalement bruyant. Le devis signé gagne à reprendre les horaires de l’immeuble.

Mains tenant une perceuse sans fil grise contre un mur blanc d’appartement

Parties communes : un chantier voté, des horaires encadrés

Ravalement, réfection de la cage d’escalier, remplacement des colonnes d’eau : les travaux sur les parties communes se décident en assemblée générale, selon des majorités et un financement détaillés dans notre guide pour voter et financer des travaux en copropriété. La résolution adoptée, le syndic signe le marché et organise l’exécution.

Confié à une entreprise, ce chantier collectif relève du régime des chantiers. Dans l’exemple de l’Indre, les travaux bruyants s’y arrêtent les dimanches et jours fériés, puis de 20 heures à 7 heures en semaine. Le même arrêté permet au maire d’accorder une dérogation exceptionnelle, demandée un mois à l’avance avec la localisation, la nature des travaux, les motifs et une estimation des niveaux sonores ; l’arrêté de dérogation s’affiche sur le chantier.

Le syndic a intérêt à inscrire ces contraintes dans le marché : plages de travail, phases bruyantes, protection des circulations. Un immeuble prévenu tolère mieux trois semaines de poussière qu’un immeuble surpris.

Prévenir l’immeuble avant le premier perçage

Le préavis aux voisins relève surtout de l’usage, et du règlement de copropriété quand il le prévoit. Un affichage soigné désamorce pourtant la plupart des conflits. La note posée dans le hall gagne à contenir :

  • les dates de début et de fin prévisibles du chantier ;
  • les jours des phases les plus bruyantes, démolition, perçage, ponçage ;
  • les horaires retenus, alignés sur la plage la plus courte entre arrêté et règlement ;
  • un contact joignable, copropriétaire ou entreprise ;
  • les mesures prévues pour l’ascenseur et les gravats.

Le syndic reçoit la même information. Les voisins directs, sur le palier, au-dessus et en dessous, apprécient un mot dans la boîte aux lettres. Ce geste ne remplace aucune autorisation, mais il transforme une nuisance subie en nuisance annoncée.

Panneau d’affichage en liège vierge dans le hall d’un immeuble, punaises colorées

Urgences : quand l’horaire passe au second plan

Une canalisation qui cède un dimanche soir n’attend pas le lundi. L’article 18 de la loi du 10 juillet 1965 charge le syndic, en cas d’urgence, de faire procéder de sa propre initiative à l’exécution de tous travaux nécessaires à la sauvegarde de l’immeuble. L’arrêté de l’Indre ménage une soupape comparable : son article 4, qui vise les activités professionnelles bruyantes menées en extérieur, les arrête les dimanches, les jours fériés et de 20 heures à 7 heures, sauf intervention urgente.

L’urgence s’entend strictement. Une fuite active, un dégât des eaux ou un risque pour la sécurité des occupants la justifient. Un artisan disponible le seul samedi après-midi ou un chantier en retard, non. Le copropriétaire prévient alors le syndic et les voisins, limite l’intervention au strict nécessaire, puis reprend aux heures habituelles.

Bruit hors des horaires autorisés : les recours gradués

Le dialogue, puis l’écrit

Le service public décrit une gradation : parler au voisin, lui écrire, puis le mettre en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception, en alertant au besoin le syndic ou le maire. Le conciliateur de justice, gratuit, y figure comme un préalable obligatoire avant une action en justice.

Le syndic agit avec les leviers du règlement : rappel écrit au copropriétaire, ou au bailleur quand l’auteur du bruit est locataire. Le conseil syndical appuie la démarche dans la limite des pouvoirs décrits dans notre article sur le conseil syndical et ses pouvoirs.

La mairie et la preuve

La police municipale ou la gendarmerie constatent les infractions. Pour les bruits domestiques et de chantier, la préfecture de l’Indre précise qu’aucune mesure au sonomètre n’est nécessaire pour caractériser la gêne. La preuve repose sur un journal daté, des témoignages, une main courante, puis un constat de commissaire de justice.

Ce que prévoient les textes

Les sanctions dépendent de l’origine du bruit :

  • le bruit particulier d’un occupant, perceuse comprise, constitue une contravention de quatrième classe selon l’article R1337-7 du Code de la santé publique, dans sa rédaction en vigueur depuis le 1er octobre 2023, soit 750 euros au plus d’après l’article 131-13 du Code pénal ;
  • le chantier mené hors des conditions fixées ou sans précautions suffisantes relève de la cinquième classe (article R1337-6), soit 1 500 euros au plus ;
  • le tapage nocturne, que le service public situe entre 22 heures et 7 heures, tombe sous l’article R623-2 du Code pénal : 450 euros au plus, avec une amende forfaitaire de 68 euros, portée à 180 euros passé le délai.

L’article R1337-8 ajoute la confiscation de la chose qui a servi à l’infraction, l’outil lui-même. Côté civil, l’article 1253 du Code civil, en vigueur depuis le 17 avril 2024, rend le propriétaire, le locataire ou le maître d’ouvrage à l’origine d’un trouble excédant les inconvénients normaux de voisinage responsable de plein droit du dommage qui en résulte.

Prochaine étape avant le premier coup de perceuse

Trois vérifications sécurisent les travaux en copropriété : l’arrêté applicable dans la commune, la clause du règlement sur les travaux bruyants, et la nécessité ou non d’un vote si le projet touche les parties communes.

Prochaine étape concrète : rédiger la note du hall et l’adresser au syndic une semaine avant le démarrage, horaires du chantier compris. Le chantier démarre alors sur des règles connues de tous.

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